Nous organisations syndicales, en Haute-Savoie, CGT, FSU, Solidaires, CNT et Confédération Paysanne sommes réunies au sein de VISA (Vigilances et Initiatives Syndicale Antifasciste) devant l'urgence du danger que représente l'extrême-droite pour la justice sociale, le climat et les droits des travailleur·euse·s.
L’été que nous avons vécu confirme brutalement la réalité du dérèglement climatique. Plus que jamais, il est manifeste que gouvernements et patronat ont refusé d’entamer les transformations nécessaires en termes d’adaptation et d’atténuation. En reportant le débat sur la climatisation par exemple, médias et politiques ont joué le jeu du capitalisme et d'une élite qui ne veut pas regarder en face les vrais problèmes : les dangers encourus par les travailleur·euse·s et leurs conditions de travail déplorables. Ce sont les agent·es des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), des hôpitaux, de l'éducation nationale, des collectivités territoriales et trop souvent des bénévoles qui sont en première ligne pour affronter la crise. Des habitant·es ont tout perdu et le bilan humain des canicules et mégafeux est encore à établir. Le monde agricole, déjà en grande souffrance, voit se profiler la disparition d’exploitations en raison des incendies et sécheresses.
Jouer ce jeu, c'est aussi jouer celui de l'affaissement démocratique, accéléré depuis l'arrivée de Macron à l’Élysée. Les politiques continuent de nier l'urgence écologique et d'en dénigrer les solutions populaires qui peuvent lui être apportées, à l'instar de la proposition de la convention citoyenne sur le climat, jetée à la poubelle par Macron. Leur seul réponse consiste en des passages en forces judiciaires et politiques, avec :
- Les cahiers de doléances des gilets jaunes qui n'ont jamais été analysés.
- Les multiples passages en force au parlement avec l'utilisation répétée de l'article 49.3 pendant les retraites.
- Ici, le préfet qui passe en force sur l'A412 au mépris de l'avis défavorable du conseil national pour la préservation de la nature
L'autre volet de leur réponse, c'est l'intensification ahurissante de la répression et la criminalisation des acteurs de la justice climatique et sociale : on le voit avec - La répression systématiques des mouvement sociaux depuis la Loi Travail voir avant.
- Les nasses policières dans les manifestations, les gazages, les tirs de LBD, les coups de matraque et les voltigeurs.
- Et maintenant la loi Permis de Tuer, qui va accentuer encore les violences policières
- L'utilisation de loi d'exception pour museler la contestation durant la COP 21 à Paris en 2015.
Nous avons malheureusement un exemple local de cet acharnement répressif, avec l'utilisation de moyen démesurés pour arrêter des militant·e·s anti-guerre qui souhaitaient interpeller les employés d'une entreprise à Bons-en-Chablais dont les composants ont été retrouvé sur des armes russes en Ukraine (soutien bienvenue à Thonon le 3 novembre pour leurs procès).
Jouer ce jeu, c'est finalement paver la voie au fascisme. Cette montée de l’extrême droite est soutenue activement par les milieux d'affaires et les milliardaires comme Bolloré ou Sterin, ou encore le patron du MEDEF qui trouve suspect le combat des syndicats contre le RN. Ils voient dans l'extrême-droite leur allié parfait, qui sous une apparence d'attention portée aux travailleur.euse.s, ne fait que creuser l'écart social et renforcer la violence d'un patronat impérialiste, extractiviste, militarisant.
Nous ne cesserons jamais de rappeler que sur le plan de la justice sociale et climatique, le RN est une arnaque :
- Dans les mairies,d’extrême-droite : fermetures des locaux d'association d'entraide, suppression des tarifs dégressifs dans les cantines (hayange), chasse aux syndicats et aux syndicalistes, suppression de subventions pour les assos critique, arrêté anti-mendicité, racisme, attaque contre la culture.
- Au parlement il vote systématiquement contre les propositions de justice sociale (taxe zucman, hausse du smic, etc...) et de lutte contre le dérèglement climatique (loi duplomb).
- Au parlement européen, ils combattent les droits des femmes et des LGBTQIA+.
- Dans la rue, des sympathisants RN agressent et tuent comme en témoigne l’assassinat de Frederic Aramburu par un proche du RN jugé en ce moment même.
Enfin, l'internationale réactionnaire quand à elle s'organise sur des bases libertariennes mêlant suppression des conquis sociaux et climato-scepticisme (le fameux "drill baby drill" de Trump). Le tout poussé par le techno-fascisme des milliardaires de la Tech. Musk en tête qui met son réseau social X au service de l'extrême droite. A cela s'ajoute les guerres impérialistes menées par la Russie et les États-Unis ou encore la colonisation et le génocide en Palestine mené par le gouvernement d'extrême-droite Israëlien.
Le sursaut antifasciste est plus que jamais urgent pour sauvegarder le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Nous exigeons des vraies mesures de prévention, d’adaptation et d’atténuation du dérèglement climatique à la hauteur des crises à venir, des mesures de justice sociale permettant à la population, notamment la plus vulnérable, de vivre mieux. Alors plus que jamais soyons toutes et tous antifasciste.